Les morts n'ont pas tous la même peau
Almereyda - Al Benz / Creach



Pas le temps de débattre avec les porcs
Passe l’arme à gauche
Cœur de givre que l’homicide réchauffe
Si la démence me frôle, au lance-flammes redessine l’hexagone

Ce qui pousse à la course, c’est pas la frousse
Sur ma vie
C’est la mort aux trousses, le compte à rebours au cœur
Quand un flic te poursuit

Des heures sans jamais trouver le sommeil
Je crois en l’Enfer pour qu’à jamais ils payent
Consciemment ils tuent
Si la nuit ouvre les yeux, c’est que le feu est dans la rue

Un flic, c’est pas le Sheitan, c’est juste un Français
Un fils de pute
La légitime défense tire des balles dans la nuque

Poto, les morts n’ont pas tous la même peau
La Seine ? Un cimetière
« Ta race, sale gouère »
Et si le temps passe, il n’efface pas tous ces morts pendus aux réverbères


Tu crois que je parle seul ?
Mais le bon vieux Jameson m’a donné toutes les clés
Cherche les trésors dans le papier d’aluminium
Revois les frères et sœurs

Tu entends les sifflements de tueurs le soir
Ou peut-être leurs voitures rouler au pas
Leurs mains, des caresses sur le chien d’une arme
Des nuages de monstres, et leurs promesses de drive-by

Métal hurlant crache les douilles tombent en rythme
Coups de feu te font léviter dans les bras de la ville
Arroser le sol de tout ce liquide
Et un homme mort qui marche me dit :

« Les porcs font venir par bateau
Les porcs font partir une balle dans le dos
Les morts n’ont pas tous la même peau
Les larmes brûlent les joues mais ma haine les brûle tous »


La poudre sur leurs mains blanches
Le métal hurle sur la tempe
Les cris, les crosses
La nuit serre les crocs
L’homme mort m’a dit : « Les morts n’ont pas la même peau »



Ils m’ont dit : « calme-toi, tu veux un cachet, un gramme ? »
Le gosse m’a dit : « toi, donne-moi de la poudre et des balles »
Ça reste viscéral, s’il y a une gorgée pour chaque mort
Sur le bitume coule des rivières de cool-al

La République pleure ses tontons macoutes
Qu’elle aille se faire foutre
T’apprends le droit chemin, coup de matraque dans les genoux
Chouf : si on te met en joue, je sais que tu tends pas l’autre joue

Plein jour ou infrarouge, belek si tu l’ouvres
Ça se règle direct, coup de genou dans la bouche, couz
Poto, les morts n’ont pas tous la même peau
Les morts n’ont pas tous la même peau


« Les morts n’ont pas tous la même peau
Les morts n’ont pas tous la même peau
Les morts n’ont pas tous la même peau
Les larmes brûlent les joues mais ma haine les brûle tous »

Une naissance, un chemin, une fuite
Les plaies, les bleds, les terres
La casse, les traces, les races

« Ils parlèrent de mort, de la haine des blancs, de mort
Des blancs, et encore de mort… »

Si on te met en joue, je sais juste que tu tends pas l’autre joue
Le gosse m’a dit : « toi, donne-moi de la poudre et des balles
Donne-moi de la poudre et des balles… »